L'archéologie pour comprendre notre présent : Portrait de l'archéologue François GENTILI

Enfant, François GENTILI est passionné par l’histoire romaine et l’archéologie en général, une discipline qu’il ne connaît qu’à travers les livres. En 1975, alors qu’il est élève au collège Saint-Exupéry, Maurice BONNARD lui conseille de prendre contact avec la Jeunesse Préhistorique et Géologique de France, une association de Villiers-le-bel qui mène à ce moment-là des fouilles près de l’ancien cimetière.

Article initialement paru en octobre 2013 - Villiers-le-Bel Infos n° 137

François GENTILI, 50 ans, archéologue.

fgentiliEnfant, François GENTILI est passionné par l’histoire romaine et l’archéologie en général, une discipline qu’il ne connaît qu’à travers les livres.

En 1975, alors qu’il est élève au collège Saint-Exupéry, Maurice BONNARD lui conseille de prendre contact avec la Jeunesse Préhistorique et Géologique de France, une association de Villiers-le-bel qui mène à ce moment-là des fouilles près de l’ancien cimetière. "J’y suis allé un dimanche matin. J’ai rencontré Rémy GUADAGNIN*. Il m’a expliqué ce que faisait son association et ça m’a plu. J’ai rejoint la JPGF et j’ai commencé à pratiquer l’archéologie", nous raconte François GENTILI.

En 1981, il entame des études d’archéologie et se tourne progressivement vers la période du haut Moyen-Âge. "J’ai choisi cette période parce qu’elle m’intéressait, et parce que c’était un champ de recherche neuf. J’ai commencé à étudier cette époque à l’occasion de fouilles de villages abandonnés vers l’an 1000 (Villiers-le-Sec, Baillet-en-France, Orville…), j’ai essayé de comprendre comment s’était formé l’habitat au Moyen Âge", précise-t-il.

Ses études terminées, François GENTILI rejoint l’Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales (AFAN) puis l’Institut National de Recherche Archéologique Préventive (INRAP). Il devient ingénieur chargé de recherche et directeur de chantiers de fouilles. "J’ai accompagné l’émergence d’une nouvelle discipline : l’archéologie préventive. Dans les années 1960-1970, l’archéologie était le fait essentiellement d’associations, de sociétés savantes qui réalisaient des fouilles pendant les week-ends.

Au début des années 1980 est apparue l’archéologie de sauvetage. À cette époque, les archéologues intervenaient après le passage des bulldozers ! Après une montée en charge progressive dans les années 1990, ce n’est qu’en 2001 qu’est née officiellement l’archéologie préventive grâce à une loi qui prévoit intervention des archéologues en préalable aux chantiers d'aménagement, pour effectuer un diagnostic et, si nécessaire, une fouille", nous dit-il.

Vue de l'église romane au premier plan. © François Gentili/Inrap.Vue de l'église romane au premier plan. © François Gentili/Inrap.

François GENTILI a pu, grâce à son travail, lier deux de ses grands centres d’intérêt : l’archéologie et Villiers-le-bel. Il a réalisé dans la commune de nombreux chantiers de fouilles préventives qui l’ont aidé à développer un second axe de recherche : comprendre l’évolution qui va des premiers villages aux villes d’aujourd’hui. Il explique avec passion : "Villiers-le-bel est aujourd’hui un exemple reconnu.

L’évolution de son habitat représente un grand intérêt d’un point de vue archéologique. Dans le secteur de l'église, on observe d'abord un petit habitat mérovingien et carolingien comportant une nécropole dès les VIIe-VIIIe siècles, ensuite la création au XIe siècle, au détriment de ce cimetière, d’un premier habitat seigneurial entouré de fossés, puis l'installation au XIIe siècle d'une première église liée à un prieuré accolé à l'hôtel seigneurial de Villiers, avant la construction, au XIIIe siècle de la grande église que nous connaissons.

Bâtiments religieux des XIIe et XIVe-XVe siècles.Bâtiments religieux des XIIe et XIVe-XVe siècles.

Un quartier se développe également dès le VIIIe siècle dans le bas de la rue Gambetta ; maisons aux poteaux de bois plantés dans le sol mais déjà aux murs de plâtre coexistent avec fonds de cabanes, greniers, silos à grains, techniques qui ne changeront qu'à partir des années 1200 et des maisons à murs de pierres. Ces deux zones d'habitat distinctes dès les temps carolingiens expliquent l'aspect bipolaire du bourg".

François GENTILI présente régulièrement l’exemple de Villiers-le-bel ; lors de conférences principalement, dont l’une des plus récentes s’est déroulée au Louvre, mais aussi par ses écrits **.

À l’heure actuelle, il dirige des fouilles autour de l’hôtel de ville de Viarmes. "L’archéologie nous oblige à réfléchir sur notre passé et nous aide à mieux comprendre notre présent", conclut-il.

* Archéologue, historien et Président de la JPGF.
** À lire notamment "Châteaux et Prieurés. Actes du premier colloque de Bellecroix (Chagny)" édité par le Centre de Castellologie de Bourgogne.

Et sur le site de l'INRAP : http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Sites-archeologiques/p-8410-Aux-origines-du-village-de-Villiers-le-Bel.htm