Il participe ainsi au développement durable de la planète en nécessitant toutefois au préalable le tri sélectif des déchets et donc un comportement "éco-citoyen" de chacun.
Actuellement un français produit annuellement en moyenne près de 400 kg de déchets, 2 fois plus qu'en 1960, mais 2,5 fois moins qu'un habitant des USA.
Cette quantité importante de déchets impose un traitement, d’autant qu’ils ont une durée de vie parfois très longue, par l’un ou plusieurs des procédés actuellement connus : enfouissement, incinération, compostage, recyclage.
En effet, tout corps abandonné dans la nature finit par se dégrader par réaction avec l’air, l’eau ou par usure au contact d’éléments environnant. Cette dégradation s’effectue plus ou moins vite selon la composition chimique de l’objet. Ceux dits « biodégradables » (déchets ménagers, végétaux) se décomposent naturellement assez rapidement. Ce n’est pas le cas pour d’autres.
Jugez plutôt :

Une bonne gestion des déchets revient à appliquer la règle dite des trois R : Réduire, Recycler, Réparer (ou récupérer, réutiliser).
Les familles de déchets
Les déchets sont généralement classés en 9 familles :
Le tri sélectif
Le bon geste pour chaque citoyen va commencer par un premier tri en utilisant les 4 "poubelles" :
- le bac marron pour les ordures ménagères,
- le bac gris à bandeau jaune pour les bouteilles en plastique, briques alimentaires, boîtes métalliques et en carton,
- le conteneur bleu (ou à bandeau bleu) disposé dans des lieux publics pour les journaux, magazines et prospectus,
- le conteneur vert (ou à bandeau vert) également disposé dans les lieux publics pour les bouteilles, bocaux et pots en verre à l'exclusion des verres de table.
Ce pré-tri est déterminant car il permet une collecte sélective qui rend possible le recyclage de certains déchets, directement pour le verre et le papier, après un second tri dans des centres de tri, comme celui du SIGIDURS dans la zone industrielle de SARCELLES, pour d'autres (ceux du bac gris à bandeau jaune).
Les déchets recyclables sont transportés par camions jusqu'au centre de tri, où à leur arrivée ils sont déchargés dans 3 halls de réception (verre, papiers, autres déchets recyclables).
Papiers et déchets recyclables sont pesés avant d'être déchargés, puis ils sont acheminés sur un tapis roulant vers la chaine de tri.
La première étape consiste à retirer manuellement les gros cartons et les déchets non recyclables subsistant, la deuxième étape est mécanique. Elle s'opère par un crible qui sépare les corps creux (bouteilles, briques alimentaires ...) des corps plats, les bouteilles en plastique transparent étant retirées des corps creux où subsistent les bouteilles en plastique opaque, les briques alimentaires, l’aluminium.
Les emballages en acier sont attirés par un gros électro-aimant tournant au dessus du tapis.
Enfin un tri manuel permet de part et d'autre du tapis roulant la récupération d'un matériau précis (carton, plastique, aluminium) déversé ensuite dans une alvéole située juste en dessous en rez-de-chaussée.
Les déchets ainsi triés sont compactés par une presse pour constituer des balles de plusieurs centaines de kilos qui vont être stockées, pesées et acheminées par camions vers les filières de recyclage.
Le verre et les papiers seront directement expédiés pour recyclage lorsqu'une certaine quantité sera atteinte.
Chaine de tri
Stockage des balles
La déchetterie
Elle est un lieu de tri essentiel, un point d'apport volontaire qui contribue à la valorisation des déchets ménagers.
C'est un lieu organisé, clôturé et gardienné où des particuliers effectuent eux-mêmes le tri en déposant les déchets qui ne peuvent pas être collectés en même temps que les ordures ménagères en raison de leur volume, de leur poids ou de leur nature :
. Déchets encombrants : « monstres » (électroménager, mobilier, etc.), gravats, déchets de jardin…
. Déchets ménagers spéciaux : huile de vidange, produits d’entretien et de bricolage, bombes aérosols, peintures et vernis, piles et batteries…
. Déchets recyclables : verres, cartons, métaux, textiles et certains plastiques.
Le recyclage
Le recyclage permet :
- la maîtrise des coûts en limitant les quantités de déchets à éliminer par enfouissement ou incinération, ces procédés devenant de plus en plus coûteux,
- des gains d'énergie (pour la fabrication de l'aluminium par exemple de 95 %),
- d'éviter le gaspillage des ressources naturelles qui ne sont pas inépuisables (pétrole, bauxite, minerai de fer, bois, silice, etc.),
- de préserver l'environnement (diminution des gaz acidifiants émis, économie d'eau).
Aujourd'hui de plus en plus d'industriels utilisent des matériaux recyclés, les techniques s'améliorant et les quantités recyclées ne cessant de croître.
Sont notamment recyclables :
- les bouteilles en plastique : les transparentes en textile polaire ou fibres diverses (rembourrage de couettes, peluches, anoraks, tee-shirts etc., les opaques en tuyaux et gaines plastiques,
- l'acier des boîtes de conserve et de certaines canettes qui est fondu à 2500°C pour être conditionné en brames,
- l'aluminium des boîtes, canettes et emballages qui est également fondu à 2500°C et coulé en lingots,(l'aluminium coûte 10 fois plus cher que l'acier),
Métal liquide coulé pour être moulé
Lingots d'aluminium
Brames d'acier
- les briques alimentaires transformées en papier hygiénique et rouleaux type "SOPALIN",
- les cartons ondulés utilisés pour fabriquer des sièges par exemple,
- le papier des journaux et magazines recyclable une dizaine de fois environ, la pâte à papier n'étant plus réalisable après (les fibres trop coupées ne le permettant plus),
- le verre réutilisable à l'infini, qui est concassé en petits morceaux pour constituer le calcin fondu ensuite à 1500°C., trois milliards de bouteilles ont été recyclées en 2000 par exemple, le verre ainsi obtenu étant de couleur verte.
Le compostage, un recyclage particulier utilisé depuis le 19ème siècle
A l'enfouissement et à l'incinération s'ajoute une autre technique de traitement des déchets : le compostage qui consiste à transformer les ordures ménagères et les déchets verts en composte utilisable par les agriculteurs comme engrais pour les sols acides. Il permet de rendre à la terre appauvrie et acidifiée par la culture intensive ses qualités premières.
Le Syndicat pour la collecte et le traitement d’ordures ménagères TRI-OR à Champagne sur Oise, par exemple, dispose d'une usine de compostage.
Les ordures ménagères après y avoir été pesées sont déversées dans une fosse de réception pour, après manutention, transiter durant 3 jours par 2 cylindres horizontaux de 24 et 33 mètres de long.
Sous l'effet conjugué d'une rotation, à la vitesse d'un tour/minute le jour et de 1/2 tour/minute la nuit, d'une humidification et d'une aération contrôlée les ordures ménagères s'homogénéisent et réduisent de volume en même temps que se développe une pré-fermentation.
Le produit obtenu, mélange d'élément organiques et de "refus", est acheminé par un tapis roulant vers un « TROMBEL » (sorte de passoire) où va avoir lieu la séparation de la partie organique et des éléments de taille supérieure à 30 mm.
Ces derniers qui constituent les refus d'affinage primaire (pierres, plastiques, textiles, ...) sont évacués en centre d'enfouissement, alors que les métaux ferreux contenus dans la matière organique sont extraits par un électro-aimant.
La matière organique est acheminée ensuite par tapis roulant jusqu'à un hall de fermentation. Celui-ci est cloisonné en 12 andains, couloirs de 43 mètres de longueur disposés côte à côte, où se réalise la fermentation.
Cette fermentation est possible grâce à une aération sous les andains et à l'action d'une roue qui retourne régulièrement le composte et le fait passer d'un andain dans le suivant.
Il faut 4 semaines pour que la fermentation du composte soit achevée.
Les 2 bioréacteurs stabilisateurs
Le hall de fermentation et les andains
Le "cannibalisme" ou comment faire du neuf avec du vieux
Marginal dans les pays riches, mais non sans intérêt, le cannibalisme qui tient à la fois de la réparation et du recyclage consiste à remettre en état de fonctionnement un matériel ancien, normalement voué au rebut, en prélevant des pièces détachées, ou des éléments encore en bon état, sur d'autres matériels de même nature qui ne fonctionnent plus. Ce procédé est utilisé surtout dans certains pays pour les ordinateurs, les automobiles, les avions...
Des exemples peuvent être cités :
- Un avion de type DC3 des années 30/40 volant encore à la fin des années 70, en France, grâce aux pièces récupérées sur un deuxième DC3.
- Des 403 Peugeot, modèle de la fin des années 50, bricolées avec des pièces de récupération et roulant encore à Madagascar, entre autres, il n'y a pas si longtemps, et peut être même encore.
On s'aperçoit qu'il est possible de recycler ou de réutiliser bien des déchets. Le développement du recyclage s'avère d'autant plus nécessaire que les déchets prolifèrent plus vite que les techniques et les mentalités et qu'il reste un traitement préférable à l'incinération même avec la récupération de la chaleur pour le chauffage urbain, et à l'enfouissement même si le méthane produit par la décomposition des déchets organiques peut servir à l'alimentation de moteurs de groupes électrogènes par exemple.