« A chaque espèce, ses bons tuyaux pour étancher sa soif et puiser ses besoins en eau… L’homme a poussé le bouchon plus loin pour l’apprivoiser, la canaliser, la filtrer, la distribuer, l’exploiter, la recycler.
Il a bâti des barrages, installé des usines de traitement et des stations de dépollution… Une histoire qui remonte loin. »
L’eau c’est la vie :
La vie a pris naissance dans les océans (un corps humain est constitué par deux tiers d’eau). Où l’eau est présente la végétation se développe, les cultures nécessaires à l’alimentation de l’homme et des animaux sont possibles. Elle influe directement sur l’environnement, détermine les activités humaines. Se présentant sous forme liquide, gazeuse ou solide elle influe sur le climat et réciproquement. Mais sa qualité sanitaire est importante pour la consommation humaine car elle peut véhiculer des maladies comme le choléra par exemple.
L’eau en chiffres :
Les ressources :
Les mers et les océans couvrent plus de 70% de la surface terrestre. C’est notre plus grand réservoir d’eau, il correspond à 97,2% de nos réserves. Les pôles et les glaciers représentent 2%, les nappes souterraines 0,7%, les lacs et les rivières 0,1%. L’eau de mer étant salée, l’eau douce directement utilisable existe donc en assez faible quantité sur la terre. La pluie alimente les cours d’eau et les nappes, mais 60% de cet apport s’évapore, seuls 15% ruisselle et 25% s’infiltre.
Les besoins :
Dans le monde la consommation d’eau se répartit en 70% pour l’agriculture, 20% pour l’industrie, 10% pour les villes. A titre d’exemple, un français utilise quotidiennement 150 litres d’eau (et rejette 100 litres d’eau usée), un habitant du tiers monde 50 litres, sachant qu’un lavage de mains nécessite 2 à 8 litres, une douche 60 à 80 litres, un bain 150 à 200 litres. S’ajoute à la consommation directe une consommation induite :
- 100 litres d’eau sont utilisés pour produire 4 litres de bière,
- 300 litres pour fabriquer 500 feuilles de papier,
- 35000 litres pour réaliser une automobile,
- 5500 litres pour récolter 1 tonne de maïs,
- 35 à 65 litres par jour, selon la saison, sont consommés par une vache.
D’où vient l’eau que nous utilisons ?
Les ressources sont essentiellement d’origine superficielle et proviennent des cours d’eau, par exemple en Ile de France pour 95% (Marne, Oise, Seine) et pour 5% seulement d’origine souterraine (Aulnay, Pantin, Neuilly sur Seine). Les ressources d’origine superficielle sont de médiocre qualité car très vulnérables aux pollutions, contrairement aux eaux souterraines, qui elles sont de très bonne qualité. La récupération des eaux de pluie des toits d’immeubles reste anecdotique, mais pourrait constituer à l’avenir un appoint pour alimenter par exemple les chasses d’eau des WC et les machines à laver. L’eau prélevée dans les cours d’eau doit donc être traitée dans des usines d’eau potable avant d’être distribuée par un réseau constitué de canalisations, de stations de pompage (usine relais) et de réservoirs (château d’eau ou autre).
Les traitements de l’eau
L’usine de potabilisation :
L’eau est pompée ou prélevée dans le cours d’eau qui est surveillé en amont par des stations d’alerte pour détecter les polluants. Un dégrillage permet d’arrêter les gros déchets flottants (branchages, bouteilles…). Il est procédé ensuite à un tamisage (gravier et sable), à une floculation et décantation pour éliminer les matières en suspension, puis à une désinfection à l’ozone pour éliminer les gênes pathogènes. Un deuxième filtrage bicouche de sable et de charbon actif (filtration biologique) va achever la clarification de l’eau, une micro filtration éliminant toute présence de matière en suspension. Enfin une nano filtration permet d’obtenir une pureté qu’aucun traitement classique ne peut égaler avec l’inconvénient toutefois d’une faible minéralisation. Aussi avant d’envoyer l’eau dans les canalisations de distribution, après ajout de chlore (0,03 g par litre), elle passe dans la zone de mélange pour être rééquilibrée en minéraux (20% d’eau de la filière biologique + 80% d’eau de la filière membranaire).
Le traitement des eaux usées :
Les eaux salies par l’homme, les effluents d’élevages et industriels ne devraient plus être rejetés sans dépollution préalable. Les agglomérations pour beaucoup d’entre elles sont équipées d’installations de traitement de leurs eaux usées :
- le premier traitement va consister à éliminer les gros déchets par dégrillage (15% des rejets),
- le deuxième à traiter par recyclage la pollution minérale et organique (30%),
- le troisième va se traduire par une épuration biologique : les eaux usées brassées et oxygénées en permanence sont traitées par des bactéries qu’il faut ensuite piéger pour recycler les boues.
Dans la nature certaines plantes filtrent l’eau en piégeant les nitrates et l’azote.
Les gestes anti-pollution :
- éviter les pesticides dans les jardins,
- ne rien jeter dans les rivières,
- rejeter l’eau de pluie dans les canalisations pluviales (et non avec les eaux usées),
- pas de vidanges sauvages,
- pas de produits toxiques dans les toilettes,
- utiliser des lessives sans phosphate,
- acheter des produits qui respectent l’environnement,
- ne jeter les médicaments et les piles que dans les conteneurs réservés aux toxiques…
Les gestes d’économie :
- prendre des douches au lieu de prendre des bains,
- fermer les robinets après chaque utilisation, même en usage répétitif de façon rapprochée,
- préférer si possible le lave vaisselle au lavage à la main, il dépense moins d’eau,
- réparer aussitôt les fuites d’eau (un robinet peut fuir jusqu’à 300 litres par jour),
- installer des économiseurs d’eau,
- ne pas laver les voitures tous les jours,
- ne pas faire tourner une machine à moitié pleine,
- réutiliser l’eau de lavage des légumes pour arroser les plantes,
- arroser les jardins le soir (l’eau s’évapore au soleil) et biner autour des plantes…
S’il y a peu encore la ressource en eau apparaissait comme un bien illimité, elle est maintenant perçue comme un bien rare au niveau mondial et local. L’eau, puissance civilisatrice, sera, compte tenu de la démographie et de la croissance économique mondiales, un des enjeux du 21ème siècle, raison de plus pour la préserver.