31e congrès départemental de la FNACA à Villiers-le-Bel

Dans le cadre du 50e anniversaire des accords d’Evian, la FNACA - Fédération Nationale des Anciens Combattants d’Algérie, Maroc et Tunisie - a organisé, du 22 au 28 septembre 2012, une exposition pédagogique sur la guerre d’Algérie présentée à l’Espace Marcel Pagnol.

Cette exposition fort documentée était un préambule à son congrès départemental qui se déroulera le 6 octobre. La manifestation se déroulera elle aussi à l’Espace Marcel-Pagnol, rue Gounod. Après la matinée de travail, un défilé partira, à midi, de l’Espace Marcel-Pagnol. Il parcourra les rues du Village pour rejoindre d’abord le Monument aux Morts, où se déroulera une cérémonie, puis ensuite la stèle Lucien FRANCOIS (parc Jean-Vilar) où aura lieu un dépôt de gerbes.


LA FNACA

La Fédération Nationale des Anciens d’Algérie Maroc et Tunisie est née le 21 septembre 1958, en pleine Guerre d’Algérie, de la fusion de trois associations d’anciens d’Afrique du Nord.

C’est en en 1963 qu’elle ajoute le « C » de Combattants dans son sigle pour devenir la « FNACA ». C’est également cette année qu’elle retient la date du 19 mars 1962 pour honorer la mémoire des soldats tombés en Algérie, au Maroc et en Tunisie. 

La FNACA se veut indépendante à l'égard des pouvoirs publics et de tout parti politique.

Elle revendique à ce jour plus de 350 000 adhérents répartis dans 3 560 comités locaux ou cantonaux. Tous ceux ayant pris part à la guerre d'Algérie, aux combats du Maroc et de Tunisie, leurs veuves, ascendants et orphelins ainsi que les pupilles de la Nation peuvent adhérer à la fédération.

 


La FNACA poursuit deux buts principaux :

- Défendre les droits matériels et moraux de tous ceux ayant pris part à la guerre d'Algérie et aux combats du Maroc et de Tunisie (1952-1962).
- Agir en faveur de la Paix en commémorant la date du 19 mars 1962, cessez-le-feu ayant mis fin officiellement à la guerre d'Algérie.


Depuis plusieurs années, elle demande au Gouvernement de reconnaître officiellement le 19 mars 1962 comme Journée Nationale du Souvenir et du Recueillement. Cette journée, non fériée et non  chômée, serait dédiée à la mémoire des 30 000 soldats français tombés en Afrique du Nord et à celle de toutes les victimes civiles.


La paix est un bien inestimable


Michel CHRETIEN est Président du comité local de la Fédération Nationale des Anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie, et membre du bureau de l’association depuis 43 ans.

Il fut appelé en Algérie, comme membre du contingent*, de novembre 1956 à fin janvier 1959.

Vous souvenez vous de vos impressions le 19 mars 1962 ?

C’était un grand soulagement. Moi et mes camarades, nous étions heureux de la fin de la guerre d’Algérie, de ce que le gouvernement appelait les « événements »**, qui avait brisé notre jeunesse.

C’était la fin de 10 ans de conflits en Afrique du Nord mais aussi celle d’une certaine politique coloniale de la France. Les accords d’Evian*** s’inscrivaient dans un vaste mouvement international de décolonisation. La fin de la guerre d’Algérie c’était également la possibilité pour notre pays, pour la première fois depuis 25 ans de guerres, de trouver la paix.

50 ans après la fin de la guerre d’Algérie, vous poursuivez votre investissement au sein de la FNACA. Pour quelles raisons ?

Parce que je crois qu’il faut continuer à dire aux jeunes générations combien la Paix est un bien inestimable et qu’il faut rester vigilant pour ne pas le perdre.
C’est pour cela que chaque année, nous commémorons le cessez-le-feu de la guerre d’Algérie qui eut lieu le 19 mars 1962.

Cette cérémonie est aussi pour nous l’occasion de rendre hommage à nos plus de 25 000 copains tués en Afrique du Nord, à toutes les victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, y compris celles qui périrent après cette date.

Nous devons continuer à agir pour le Gouvernement reconnaisse enfin la date du 19 mars 1962 comme étant celle de la fin de la guerre d’Algérie. Historiquement c’est la seule date qui ait une signification. Celle du 5 décembre ne correspond à rien****.


* Les appelés du contingent, comme les réservistes, se distinguent des engagés volontaires. Ce sont des jeunes qui furent envoyés en Afrique du Nord, notamment en Algérie, pour y effectuer leur service militaire. Entre 1952 et 1962 ce sont 1 343 000 appelés ou rappelés qui participeront "au maintien de l'ordre en Afrique du Nord".

** Le terme de « guerre d'Algérie » a été officiellement adopté en France le 18 octobre 1999.

*** Accords signés le 18 mars 1962 à Évian-les-Bains par les représentants de la France et du Front de Libération National. Ils se traduisent par un cessez-le-feu applicable sur tout le territoire algérien dès le lendemain.

**** Le Gouvernement a instauré, par décret du 26 septembre 2003, une journée nationale d’hommage aux morts pour la France en Afrique du Nord le 5 décembre de chaque année. Cette date correspond à l’inauguration, le 5 décembre 2000, par Jacques Chirac d’un monument aux militaires morts pour la France en Algérie, Tunisie et Maroc. Ce monument est situé quai Branly, à Paris.