Géothermie : un chantier géant

Qui devrait se terminer dans quelques jours

Le chantier de forage d’un troisième puits géothermique est actuellement en cours. Un chantier spectaculaire, qui fait appel à une machine impressionnante.

C’est un chantier exceptionnel qui se déroule rue de Goussainville.: celui du forage d’un nouveau puits pour l’usine géothermique. Depuis une quinzaine de jours, une cinquantaine d’ouvriers, techniciens et ingénieurs se relaie jour et nuit (la machine fonctionne 24 h sur 24) pour assurer ce forage, d’une haute technicité.

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Le nouveau puits, composé de tubes d’acier assemblés, atteindra une profondeur maximale de 1700m. La technique, empruntée aux forages pétroliers, est bien rodée : «Pendant 370 m, on creuse tout droit, explique David Yvon, chef de projet Travaux pour la Société Thermique de Villiers-le-Bel / Gonesse, filiale du Groupe Coriance, gestionnaire du réseau de chaleur de Villiers-le-Bel / Gonesse et Maîtrise d’Ouvrage déléguée des travaux de forage. Ensuite, on dévie progressivement le forage pour atteindre une inclinaison de 42° afin de s’éloigner le plus possible des deux puits déjà existants. On atteint donc une longueur de 2200 m forée. L’aquifère du Dogger est ensuite foré sur une longueur de 140 m et laissé ouvert pour permettre la venue des eaux chaudes. »

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En effet, lorsque le nouveau puits sera mis en service, les deux anciens serviront à rejeter les eaux “froides”, c’est-à-dire celles dont les calories auront été prélevées pour chauffer les logements de Villiers-le-Bel et de Gonesse.. Prélevée à 68°C, l’eau est réinjectée à une température d’environ 40°C, là-même où elle est prélevée à 1700 m sous terre, dans la nappe du Dogger, «Il faut éviter que les puits soient trop proches les uns des autres pour éviter l’effet “bulle froide” (autrement dit, que les eaux “froides” réinjectées ne refroidissent les eaux “chaudes” qui sont puisées. On retient en moyenne des distances entre puits de l’ordre de 1200 m», poursuit David Yvon.

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Mais avant de fournir de la chaleur, il faut creuser. Et l’opération est loin d’être simple, dans ce sol sablonneux ou calcaire. Surtout lorsqu’on creuse pour 2200 m de tuyaux. La foreuse, haute de 13 étages, fonctionnent avec des… boues. Des boues très spécifiques qui alimentent un moteur de fond pour faire tourner le trépan, lequel fore le sol. Mais qui permettent aussi, par leur densité et leur viscosité, de stabiliser le puits ou encore de faciliter la descente des équipements. La qualité des boues et leur composition sont vérifiées tous les quarts d’heure ! Toutes les heures, un géologue les contrôle également. Tous les 5 m creusés (le chantier avance en moyenne de 3 à 10 m par heure), un géologue contrôle et surveille ce qui remonte du forage. Car les boues sont entièrement récupérées et triées. Les produits qui les composent sont séparés et, pour la plupart, réutilisés.

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«Nous ne rencontrons aucune difficulté : le timing sera tenu, en incluant les phases d’essai pour tester la productivité du puits», conclut David Yvon. Les travaux devraient prendre fin le 6 novembre. Ensuite, le chantier passera dans une phase de test, qui devrait durer plusieurs semaines.

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